Le profil 9 Ennéagramme sous-type Social

le-facteur-v2Le Facteur

Film de Michael Radford, 1996

avec Philippe Noiret, Massimo Troisi

Cala di Sotto, Italie du Sud, 1952. Ce film raconte l’histoire d’un homme à la recherche de son identité. Mario Ruoppolo habite un petit port italien et travaille sur le bateau de pêche familial. Rêvant d’autre chose, il accepte un emploi de facteur dans un village voisin. En fait, son courrier n’a qu’un seul destinataire, Pablo Neruda (Philippe Noiret). Au fil des rencontres, la personnalité du facteur s’affirme peu à peu et une singulière relation naît entre ces deux hommes que tout oppose. Pablo Neruda est un poète chilien engagé en exil : « Quand j’étais sénateur de la république, je me suis rendu dans la pampa. C’est une région où il ne pleut pas depuis des siècles, où la vie est dure d’une manière inimaginable, je voulais connaître les gens qui avaient voté pour moi. Un jour, du fond d’une mine de charbon, à Lata, sortit un homme qui avait un masque de sable et de sueur, le visage bouleversé par une fatigue terrible, les yeux rougis par la poussière. Il me tendit sa main calleuse en me disant : « Où que tu ailles, parle de ces souffrances, parle de ton frère qui vit là-dessous, en enfer. »  Et j’ai senti alors que je devais écrire quelque chose qui soutienne la lutte des hommes et devienne le poème des maltraités. Et c’est ainsi qu’est né mon livre Le Chant Général. » Voilà un homme qui a trouvé la poésie comme moyen de participer socialement à la société. De plus, le personnage de Philippe Noiret révèle d’autres indices de base Neuf  : sa présence, sa bonhomie, sa rondeur, et surtout son débit verbal, ce petit temps de silence qu’il prend entre les réparties, pour laisser au corps le temps d’incuber ce qui vient d’être dit, pour ressentir de l’intérieur, avant de formuler une réponse. Son sous-type social va se retrouver dans son implication politique ainsi que dans son aisance à prendre la parole en public. Par ailleurs, tout le film est imprégné d’une ambiance Neuf où il fait bon prendre le temps de vivre : des passages sur le bruit des vagues, comme ça, pour prendre le temps de passer d’une idée à une autre ; des prises de vue sur le village qui vit au rythme de la pêche ; des métaphores qui évoquent le rapport entre le corps et l’univers : « J’étais comme un bateau au milieu de la tempête, secoué par les mots. » ; des réponses indirectes où le temps est la clé : « Comment devient-on poète ? » «  Pourquoi ne descends-tu pas tranquillement jusqu’au bord du rivage, en regardant autour de toi ? » Le ressenti est privilégié par rapport aux explications verbales : « Quand on l’explique, la poésie devient banale. Mieux que n’importe quelle explication, le vécu immédiat peut révéler la poésie à une âme prête à la comprendre. » Le facteur donne, lui aussi, des indices proches de la base Neuf. Au début, il manque de personnalité, d’estime de soi, de raison d’exister. Petit à petit, il va commencer à s’exprimer davantage, à prendre sa place, à affirmer ses convictions politiques, suivant le chemin de son ami : « Ici, on n’a pas l’eau courante. » « Et vous ne dites rien ? Si vous ne dites rien, vous n’obtiendrez rien. »

Le seul hic, avec le choix de ce film magnifiquement humain, c’est qu’il parle d’un Neuf social en exil, donc hors de son contexte. Il ne nous montre pas l’activité fébrile du Neuf social se laissant déborder par trop d’activités sociales, dépassé par son incapacité à refuser des propositions. Néanmoins, comme il expose nombre de côtés positifs de ce profil et qu’il nous fait vivre ce rythme de vie si particulièrement Neuf, ce choix nous a semblé justifié.

 

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