Ennéagramme Film : Le Pont de la Rivière Kwaï

 

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Au travers du film

 

 

Le Pont de la Rivière Kwaï, de David Lean, 1957, avec William Holden, Jack Hawkins, Alec Guiness, Sessue Hayakawa

 

 

L’histoire (Allociné)

Avec sept Oscars, dont celui du meilleur film, le scénario repose sur des faits authentiques, même si le scénario est romancé.

En 1943, en Birmanie, un régiment anglais interné dans un camp de prisonniers est affecté a la construction d’un pont en pleine jungle, qui doit relier Bangkok à Rangoon. Après s’être opposé à ce projet, le colonel cède aux exigences japonaises. Il ignore que les Américains préparent le dynamitage du pont…

 

 

Le profil Ennéagramme Un

L’histoire oppose deux officiers de chaque camp, autant représentatifs l’un que l’autre du Profil Ennéagramme Un.

Même prisonnier, le Colonel Nicholson tient à faire respecter la discipline. Il fait en sorte que les ordres des japonais soient relayés par la hiérarchie anglaise, afin que les hommes demeurent des soldats qui obéissent aux ordres de leurs supérieurs.

Un des officiers propose de créer un comité d’évasion. Impossible, d’après le colonel, puisque l’ordre de se rendre ayant été reçu du quartier général , personne n’a donc le droit de songer à s’évader…

« Vous avez vraiment l’intention de respecter les lois à la lettre ? »

« Sans les lois commandant, il n’y a pas de civilisation. »

« Mais ici, il n’y a pas de civilisation ! »

« Et bien , c’est l’occasion pour nous de l’y introduire »

On retrouve là la nécessité du profil Ennéagramme Un à remettre de l’ordre dans le chaos.

Le sous-type ennéagramme social

Le colonel Nicholson connaît les règles : « Affecter des officiers à des travaux manuels est expressément défendu par la convention de Genève. Article 27. J’ai justement un exemplaire de la convention sur moi et je vous le prêterais volontiers si vous voulez le parcourir. » C’est le comble : il a sur lui les règles, afin de mieux pouvoir « recadrer les autres ».

Le colonel japonais dit ne pas avoir besoin de la convention et reste sur sa position. Alors, on ne plaisante pas avec les tricheurs : « Puisque vous refusez de vous conformer aux lois du monde civilisé, nous nous dégageons de toute devoir à vous obéir, les officiers ne feront pas de travail manuel. »

L’alliance du profil Ennéagramme Un et du sous-type social

« Vous allez donner l’ordre à vos officiers de travailler. »

« Non »

Menace d’exécuter les officiers

Inadaptabilité de l’officier anglais. Inébranlable, il préfère affronter la mort plutôt que de céder sur une question de principe. Pas de compromis. Jusqu’au boutiste. Droit dans ses bottes, droit dans ses principes.

Sur un plan social, deux profils Un Inadaptables face-à-face, c’est compliqué. Une volonté indomptable. Il n’est pas question de céder. D’une part, par intégrité à ses convictions (la Base Un) et, d’autre part (sous-type social), parce que la honte, c’est de perdre la face.  Il faut donc rester fidèle à ses principes, coûte que coûte.

Le colonel japonais menace da faire travailler les malades de l’infirmerie à la place des officiers.

Finalement, le colonel japonais cède… afin que les officiers anglais suppléent à la non compétence des architectes japonais pour finir le pont à temps. Accepter un compromis (quelle horreur !) pour éviter la disgrâce qui serait encore pire.

Le colonel anglais, lui, va se rigidifier sur sa mission : « Grâce à ces japonais, nous commandons maintenant un panier de crabes, il n’y a plus d’ordre, ni de discipline. Notre tâche est de reconstituer le bataillon. Je connais les hommes. Il faut les maintenir occupés. Si nous n’avions pas de travail à leur proposer, il faudrait en inventer. On va donc construire un pont qui soit un pont. Il est essentiel que les hommes soient fiers de ce qu’ils accomplissent. » Et on va réformer l’organisation des méthodes de travail, en augmentant les cadence pour faire un « beau pont ».

« Êtes-vous convaincu que le lancement de ce pont est une heureuse idée ? »

« Mais regardez ça, le moral est élevé, la discipline a  été restaurée… Préféreriez-vous voir ce bataillon se désintégrer dans l’oisiveté, préféreriez vous qu’on dise que nos hommes ne peuvent pas faire un travail propre ? »

Et au final, c’est ce même colonel Nicholson qui va aller solliciter officiers et malades pour essayer de finir le pont à temps. C’est une sorte de zèle à vocation sociale. On n’est pas dans le travail bien fait pour le travail bien fait comme les sous-types en survie, on est davantage dans le travail bien fait pour la gloire de la patrie ou le prestige de l’organisation.

Fin du film : les deux colonels sont sur le pont au crépuscule :

« Beau »

« Oui, travail remarquable »

« C’est une belle création. »

Le colonel Nicholson est fier d’immortaliser le pont en plantant une pancarte : Ce pont a été dessiné et construit par des soldats britanniques entre février et mai 1943.  Fierté du beau travail bien réalisé collectivement. Ce qu’il déclare à ses hommes : « Vous serez fiers de ce que vous aurez accompli ici en face d’une grande adversité. Vous avez continué à vivre dans l’honneur et vous avez fait de la défaite, une victoire. » On retrouve là la notion du dépassement de soi, pour un enjeu au-delà de l’individualité de chacun. Cette idée va se retrouver chez tous les sous-types sociaux, mais le type Ennéagramme Un y rajoute la  sueur, le labeur, la rigueur…

 

Apprentissage Ennéagramme

Il y a quelque chose d’admirable derrière cette abnégation, cette persévérance… D’un autre côté, ce sens des responsabilités devient presque « inhumain » par endroits. Un code de l’honneur si rigide qu’il en devient absurde. La fin du film nous montre comment cette intégrité  « inadaptable » peut basculer dans un aveuglement à une réalité plus vaste.

Le film n’a pas pris une ride et il a le mérite de nous montrer les deux pôles, positif et négatif, de ce profil au travers de deux personnages admirablement joués.

Bon film !