Merci Jean d’Ormesson et bon voyage dans les étoiles

Le 21 juillet dernier, dans le Figaro, Jean d’Ormesson publiait un long article sur : « De Socrate à Epicure, ces sages qui nous aident à vivre. » La semaine dernière, le Figaro en reprenait un résumé : «Le grand bonheur de l’étonnement». En voici une synthèse, pas inintéressante pour les fans de l’Ennéagramme…

Extraits : « Tout commence en regardant les étoiles. Les savants de la côte ionienne se demandent d’où viennent leur fixité et leur éclat. Le point de départ de cette philosophie, qui ne s’appelle pas encore ainsi, est très concret. Il naît de l’étonnement. Pourquoi les étoiles sont-elles ainsi? Quel est le mystère des astres? On fait des expériences toutes simples. On plante dix bâtons dans la terre, on voit que l’ombre augmente avec la marche du soleil. Et qu’observe-t-on? L’ombre et la lumière sont changeants, mais le soleil, lui, ne change pas. Il y a ce qui change, ce qui demeure, ce qui revient toujours. Anaxagore, Anaximandre, Thalès cherchent ce qui explique l’origine des choses. Ils le cherchent dans les éléments: l’eau, le feu, l’air. Ils inventent l’idée d’infini – apeiron. Ils aimeraient trouver quelque chose qui ne bouge pas. C’est de cet étonnement qu’il faut s’étonner à nouveau, tant il est extraordinaire, tant il est à l’origine de tout.

De ces premiers étonnements jaillissent deux philosophes qui se regardent un peu en chiens de faïence: Parménide et Héraclite. Ils ont tous les deux une idée simple et forte. Héraclite dit que ce n’est pas la peine de chercher un fondement fixe, car tout change sans cesse. La seule chose qui ne change pas, estime-t-il, est le changement. Parménide au contraire soutient qu’il y a de la permanence, et que le changement ne compte pas. Il estime même que l’on ne peut rien dire du changement, qu’il n’est rien. Il s’en tient à cette proposition tautologique: l’être est.

Une génération plus tard, Socrate voit qu’il n’est vraiment pas facile de se sortir d’une opposition entre deux affirmations aussi vraies l’une que l’autre: «l’être est» et «l’être devient». Il en conclut qu’il n’est sûr que d’une chose, c’est qu’il ne sait rien.

Platon, lui, a bien l’intention d’aller plus loin que son maître. Il entend dépasser la contradiction qui avait arrêté Socrate. Il propose de réconcilier Héraclite et Parménide par un dualisme subtil. Il y a ce qui se passe dans la Caverne, qui est toujours changeant, et la vérité immuable qui éclate lorsqu’on en sort. Il demande par exemple ce qu’est la grandeur. Un éléphant, c’est grand. Mais, si vous le comparez à une montagne, c’est petit. L’éléphant n’est pas grand en lui-même, il participe de l’idée de grandeur. La grandeur est sans cesse changeante, mais il y a une idée de la grandeur qui s’impose face au relativisme pur. En séparant le monde des formes pures – les Idées – de celui des choses sensibles, Platon dépasse Parménide et Héraclite. En définissant le vrai et le juste, il prépare le philosophe à entrer dans la Cité.

En trois générations, les Grecs ont tout inventé. Ils ont surtout découvert cet étonnement. C’est lui que j’aime par-dessus tout dans la philosophie. »

 

Cet article provoque chez moi de l’étonnement, de par certaines similitudes avec l’histoire de l’Ennéagramme :

  • . Un jour, les hommes ont regardé le ciel et ont remarqué 27 déplacements de la lune dans le ciel. Plus tard, ils ont repéré les planètes visibles, se déplaçant, nuit après nuit, sur le fond du ciel. Helen Palmer pense que la figure de l’Ennéagramme provient de la cartographie de certains de ces mouvements.
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  • . « L’Homme est » et « l’Homme devient ». Autrement dit, nous sommes faits de notre histoire unique, changeante qui s’écrit chaque jour avec notre libre arbitre, et aussi d’une partie plus « dure » qui ne change pas : notre structure de personnalité. Peu de mots pour expliquer à la fois la pertinence des neuf structures de caractère et l’unicité de chacun.
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  • . Comment lier « quête de la justesse » et « étonnement » ? Peut-être en gardant des yeux d’enfants face à la nature humaine. Revenez en panels, je suis persuadé que vous pourrez vous émerveiller devant tel ou tel participant qui représentera un aspect d’un profil que vous n’aurez encore jamais vu. Par ailleurs, à quoi sert l’Ennéagramme, sinon à juguler nos excès et à tendre vers la « justesse » ?
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  • . Alignons-nous sur la seule certitude de Socrate ! Si l’Ennéagramme est un bien bel outil pour appréhender la nature humaine, demeurons humbles et conscients que nous ne savons rien, ou si peu !

 

 

Extraits du Figaro du 21/07/2017   http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2017/07/21/31003-20170721ARTFIG00057-jean-d-ormesson-le-grand-bonheur-de-l-etonnement.php

Le texte intégral sur Facebook/ jean d’Ormesson/Publications/ 22 juillet / De Socrate à Epicure, ces sages qui nous aident à vivre

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