Le six contre-phobique dans Le Fugitif

Le-Fugitif

Six contre phobique

Le Fugitif

1993 d’Andrew Davis avec Harrison Ford, Tommy Lee Jones, Sela Ward, Julianne Moore…

Le film a 25 ans et se regarde toujours agréablement. Autant de fois que vous l’ayez déjà vu, la probabilité, c’est que vous étiez centré sur le Docteur David Kimble. L’histoire est simple : accusé du meurtre de sa femme, condamné, il rejoint son pénitencier après le procès. Accident, évasion et, pour rétablir la vérité, il doit reprendre l’enquête de zéro, avec la police à ses trousses.

Nous vous proposons de revoir ce film en changeant de perspective et d’observer plutôt la partition du Marshal Samuel Gerard, incarné par Tommy Lee Jones.

Et là, surprise, nous voilà avec un bien beau rôle de Six contre phobique. Surnommé le bouledogue, il ne lâche rien. Il est dynamisé par le doute positif qui remet en question, fait avancer, ouvre de nouveaux points de vue et questionne ce que l’on voit, ce qui est écrit, ce qui est considéré comme « la » vérité. Il déploie une énergie colossale, affiche Le fugitifdonne l’impression de ne pas dormir beaucoup, met la pression sur ses subordonnés : creuser, soulever les pierres, ne rien croire, chercher, questionner, douter, voir autrement, deviner, discerner, imaginer, chercher le pourquoi… Nous voilà bien loin de l’image classique du Six paralysé par le doute. Nous sommes dans l’autre 50% de la vie des Six : être galvanisé par le doute. Et ça donne des résultats. Cela commence avec le sergent responsable du fourgon accidenté. Un premier shérif lui fait dire que le Dr Kimble ne s’en est certainement pas sorti. Au ton de la voix du sergent, notre Marshall flaire que ce n’est peut être pas vrai et passe à l’attaque : en deux temps et trois mouvements, le bouledogue-pit bull fait avouer au pauvre sergent qu’en fait, le Dr Kimble s’est évadé. En terme d’analogie, celle du bouledogue n’est pas mauvaise au niveau de la persévérance, mais ne tient pas compte du côté incisif du Six « en chasse » : la répartie claque, les mots sont crus, bien ciblés et déstabilisent le plus souvent. Un autre élément révélateur survient lorsque Richard Kimble est tombé d’un barrage d’une hauteur conséquente. Impossible qu’il s’en soit sorti pensent les uns et les autres. Résultat des recherches au bout de quelques heures : les policiers n’ont rien trouvé sur des kilomètres en aval de la rivière, donc : « il n’a pas pu s’en sortir. » Réponse du Marshall : « et bien dans ce cas, tant que l’on n’aura pas retrouvé son corps, je continuerai à penser qu’il est toujours vivant et, s’il a été mangé par un poisson, ramenez moi le poisson… ». Un dernier élément est le discernement : il va être le premier à penser que le Dr Kimble est probablement innocent, sans rien de tangible à ce moment là pour le prouver.
Parallèlement, on a aussi le côté chaleureux avec ses équipiers, même s’il les bouscule. Il a beau les pousser durement, ils savent que sa loyauté envers eux est sans faille.

Les expressions de visage collent avec le Six : les yeux scrutent, la nervosité est présente, et le rôle est sur mesure pour ce profil : il s’agit de résoudre une énigme ! La poursuite est pleine de rebondissements, et même l’atmosphère du film nous plonge dans cette énergie Six : la peur du Dr Kimble est palpable, nous nous mettons à chercher des indices, les fausses pistes nous leurrent, de nouveaux éléments apparaissent, bref, le film nous met dans le rôle du détective.

On pourrait confondre ce profil avec soit le type Un, au niveau de l’intégrité et de la ténacité ou avec le profil Huit pour son agressivité, mais c’est bien la dominante mentale qui prévaut ici. C’est par sa célérité mentale, couplée à sa sensibilité, que le Six a des déclics de compréhension. La fougue peut avoir d’autres moteurs que l’énergie corporelle.

Le sous-type survie

Est moins flagrant que le profil Six. Pas assez d’éléments pour être sûr. Néanmoins, son minimalisme aussi bien vestimentaire que verbal me feraient plutôt pencher pour le sous-type survie.

Après 25 ans, le profil Six demeure pour moi un des plus complexes à présenter et je suis toujours heureux de trouver des rôles qui expliquent ses motivations et le rendent sympathique.
Bon film.

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